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  • hebrardcatherine

Etude du verre de la rue Romaine à Périgueux - France

Dernière mise à jour : 21 avr. 2023

Trois fosses correspondant à des dépotoirs de l'époque médiévale fouillées en 1977

Rapport de fouille de sauvetage de la rue Romaine, Périgueux, 1977, n° 24/30/11

Christian Chevillot



En 1977, des fouilles de sauvetage ont été menées par l’équipe du groupe de Recherches Archéologiques du Périgord, sous la direction de Christian Chevillot, lors de travaux dans le centre ville de Périgueux. Ces fouilles ont eu lieu à l’angle de la rue Romaine et de la place de la cité. Trois fosses ont pu être fouillées. Elles semblent correspondre à des dépotoirs de l’époque médiévale. Le matériel recueilli (céramique essentiellement) est daté du XIIe au XIVe siècle[1].

Dans ces fosses ont été trouvés 149 tessons de verre de petites dimensions et fortement altérés, ce qui rend difficile l’identification des formes. Malgré tout, il a été possible de comptabiliser 37 objets différents, essentiellement des bouteilles, des verres à boire et du verre plat décoré.

[1] LACOMBE C., Fosses ovoïdes médiévales de la rue Romaine à Périgueux, Bulletin de la société archéologique du Périgord, 1978, p. 123-155.

37 objets différents : fioles, coupelles et verres à boire décorés de côtes et du verre plat décoré

Bouteilles - Forme XIV.C2

Sept fonds de bouteilles ont été recueillis. Six sont coniques et un autre est rentrant. Il s’agit de verre soufflé : on remarque la trace du pontil sous ces fragments. Ces tessons se sont mal conservés et Il est impossible d’en déterminer la couleur, sauf pour le n°5 qui est incolore légèrement jaunâtre.

Ces artefacts appartiennent à la Forme XIV.C2 datés du XIVe siècle. Des exemplaires ont été découverts à Périgueux lors des fouilles de la Porte de mars [1].





Les verres à boire


A- Les verres à pied ourlé et tige creuse - Forme XIV.A1.b

Onze fragments de tige creuse et de pied ourlé appartiennent à un type de verre connu sur les sites du Louvre[1] et d’Orléans[2],[3]. Il est daté pour ces sites du XIIIe/XIVe siècle[4]. A Nevers, ce type de verre a été trouvé dans un contexte entre le XIVe et le XVe siècle. L’atelier de Pairu en Argonne aurait également produit ce type de verre au XIIIe et au XIVe siècles[5].


Dans la région Aquitaine, des verres identiques ont été découverts sur de nombreux sites : à Bordeaux (Cours du Chapeau Rouge, Place Camille Julian), à Saint-Emilion, à Périgueux (porte de Mars), à Commarque en Dordogne [12].


B- Les verres à tige pleine ou creuse - Forme XIV.A2.b et XIV.A3

Les quatre fragments de tige pleine ont un diamètre compris entre 4 et 10 mm. Ces tiges sont droites sans renflement. C'est une forme très courante du XIVe siècle.

Ces fragments s’apparentent au verre à tige daté du XIIIe ou du début du XIVe siècle trouvé en Avignon lors des fouilles du Petit Palais [6]. Ces fragments peuvent aussi ressembler aux verres découverts dans un dépotoir à Toulouse lors des fouilles de l’ancien hôpital militaire H.-Larrey.


Huit fragments de côtes sont associés à ce type de verre.


Dans la région Aquitaine de nombreux exemplaires ont été mis au jour : à Bordeaux cours du Chapeau rouge et place Camille Julian, à Saint-Emilion, en Dordogne au château de Commarque et Porte de Mars à Périgueux [12].


C- Verre à pied annulaire - Forme XV.A4

Le fragment n° 18 est composé d’un cordon de verre rajouté à la base du verre. Ce cordon est travaillé à la pince afin de former des dents. Il est incolore et légèrement violacé. Cette couleur peut indiquer l’incorporation de manganèse dans les constituants du verre dans le but de le décolorer intégralement.

Ce fragment de pied peut appartenir à un gobelet de type B5 de la classification de Danièle Foy[7] faite à partir de la verrerie découverte dans le sud de la France ou au type B1 de la classification de M. Auger[8] faite à partir de la verrerie trouvée à Lyon. Ce type de verre date du XIIIe siècle ou du XIVe siècle dans le sud de la France et du XVe siècle dans la région de Lyon.

Dans la région Aquitaine, ce type de verre est peu fréquent. A Bordeaux, un exemplaire provient de la Place Camille Julian. En Dordogne, deux ont été découverts sur le site de Borie Porte. Dans le Lot-et-Garonne deux exemplaires viennent de la commanderie du Breuil [12].


Le verre plat


Deux tessons plats ont pu être recueillis. Ils présentent un décor peint. Le n° 35 a une épaisseur de 4 mm et il est grugé sur deux bords. Son décor en grisaille représente un motif de palmette ou d’aile avec trois bandes verticales.

Le n° 36 a une épaisseur de 2,5 mm. Son décor est constitué de quatre cercles d’un diamètre de 10 mm, de couleur beige/gris. Il est grugé sur un bord. Ces deux tessons sont très altérés et il est impossible d’en déterminer la couleur.


Conclusion


Malgré un matériel mal conservé par son enfouissement, il a été possible de reconnaître certaines formes et d’en donner une datation. D’après les formes qui ont pu être reconnues, il s’agit de verrerie domestique. Ceci pourrait confirmer que nous sommes bien en présence de dépotoirs du XIIIe siècle ou du XIVe siècle peut-être réutilisés ou comblés au XVe siècle.


[1] BARRERA J., Le verre à boire des fouilles de la Cour Napoléon du Louvre (Paris), Annales du XI° Congrès de l’AIHV, Amsterdam, 1990. [2] BARRERA J., Orléans, le verre du XIIIème au XVIème siècle, Revue Archéologique du Loiret, Orléans, 1987. [3] BARRERA J., Verrerie des XIV-XVIIe siècles, Verrerie de l’Est de la France XIIIe-XVIIe siècle, Fabrication, consommation, Revue archéologique de l’est et du centre, neuvième supplément, Dijon, 1990, p.107-108. [4] BARRERA J., Verrerie des XIV-XVIIe siècles, Verrerie de l’Est de la France XIIIe-XVIIe siècle, Fabrication, consommation, Revue archéologique de l’est et du centre, neuvième supplément, Dijon, 1990, p.107-108. [5] GUILHOT J.O., MUNIER C., 149, Verre à tige, A travers le verre du Moyen Age à la Renaissance, Nancy, 1989, p. 207. [6] FOY D., Verre à tige massive, A travers le verre du Moyen Age à la Renaissance, Nancy, 1989, p.215. [7] FOY D., Le verre médiéval…..Paris, 1988.

[8] AUGER M., Lyon, Quartier St Jean, Quartier St-Vincent, verrerie des XV-XVIIe siècles, Verrerie de l’est de la France, XIIIe-XVIIe siècle, Fabrication, consommation, Revue archéologique de l’est et du centre, neuvième supplément, Dijon, 1990, p. 277-294. [9] CHAUSSERIE-LAPREE J., Verre à tige n°299, A travers le verre du Moyen Age à la Renaissance, Nancy, 1989. [10] MUNIER C., Poligny, Lycée Friant, verrerie des XIV-XVIIe siècles, Verrerie de l’est de la France, XIIIe-XVIIe siècles, Fabrication, consommation, Revue archéologique de l’est et du centre, neuvième supplément, Dijon, 1990, p. 211-221. [11] BARRERA J., n°268, verre à pied, A travers le verre du Moyen Age à la Renaissance, Nancy, 1989, p.266.

[12] Hébrard-Salivas C., L'activité verrière dans le quart sud-ouest de la France du XIVe au XVIIe siècle : production, consommation, commercialisation, Thèse de doctorat, Aix-Marseille, 2014.






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