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  • hebrardcatherine

Etude archéologique du matériel en verre de la place Pey Berland - Rohan (Bordeaux, Gironde)

Dernière mise à jour : 18 mai 2022

Suite aux fouilles archéologiques menées par Bordeaux-Métropole sur la place Pey Berland en 2021, du matériel en verre a été mis au jour. Une étude archéologique du verre est en cours d'étude.


Les fouilles ont permis de mettre au jour un lot important de fragments de verre. Sur les 1246 fragments découverts, plus de la moitié n’ont pas pu être attribués à un type ou forme de verre.

Le rapport de fouille est prévu au cours de l'année 2022.

Les fragments de verres découverts correspondent à des verres à boire, bouteilles, verre plat . Il y a aussi un verre émaillé et du verre plat décoré.

Le matériel en verre daté entre les XIVe et XVIIIe siècles






lavage des tessons issus de la fouille


Des verres à boire, des bouteilles, une cornue?

De cet ensemble très fragmenté, 87 objets ont pu être identifiés. Les formes les plus fréquentes sont des verres à boire (65%) et les formes fermées (25%). On remarque aussi quelques formes de pots et un possible élément d’une cornue. Ces objets sont datés des XVIe/XVIIIe siècles, mis à part un objet résiduel daté du XIVe siècle. Le verre plat est également bien représenté mais seuls quelques fragments ont pu être étudiés (fragments grugés, bord de plaques et verres décorés)


Fragment de verre à boire



Les verres à boire

Les types de verre sont relativement homogènes sur les 45 verres à boire découverts : verres à pied ourlé ou droit dont les panses sont avec ou sans décors, verres tronconiques. Ce lot a une datation homogène à cheval sur le XVIe siècle et le XVIIe siècle, à l’exception d’un verre à tige pleine daté du XIVe siècle.



verre à pied ourlé (Forme XVI.A1.c)


Les bouteilles

Cent quarante-huit fragments proviennent de bouteilles, fioles, pots ou cornue. La distinction entre bouteilles et fioles est difficile à faire, seuls les diamètres des goulots ou la petitesse des fonds permettent de distinguer les deux. On parlera de fioles ou de petites bouteilles.


petite bouteille

Le verre plat

Sur les cinquante-deux fragments de verre plat, seuls dix ont retenu notre attention car ils montrent le travail effectué par les vitriers ou peintres vitriers. Il est difficile d’apporter une datation précise pour ces éléments que l’on peut situer entre le XIVe siècle et le XVIIIe siècle. Cinq de ces fragments sont issus d’un espace qui correspond aux caves de maisons du XVIIIe siècle. S’agit-il pour autant des vestiges des maisons existant au XVIIIe siècle ? Ces fragments sont soit verdâtres soit trop oxydés pour déterminer leur couleur d’origine. Dans les cinq autres fragments, associés au palais épiscopal, deux sont décorés et peuvent avoir appartenu à un vitrail de cet espace religieux.


Consommation en verre des Bordelais?

Ces objets apportent un regard nouveau sur la consommation en verre des Bordelais des XVIe/XVIIIe siècles grâce à la présence de verres inédits en Aquitaine (verre émaillé). On peut noter aussi qu’il s’agit principalement de vaisselle courante avec toutefois l’absence de nombreuses formes permettant d’apparenter ce site à une occupation domestique. Cette vision du mode de vie de la population urbaine n’est donc que partielle.


Les fragments de verre découverts lors des fouilles de la Place Pey Berland/Rohan en 2021 sont majoritairement composés de verres à boire datés des XVIe/XVIIe siècles. Dans ce lot, deux objets attirent notre attention : un verre émaillé rare pour la région et un verre tronconique qui pourrait avoir une influence néerlandaise. On peut noter aussi la présence d’un fragment de verre à tige pleine du XIVe siècle. Le reste du matériel est composé de bouteilles, fioles, pots et d’un fragment de cornue. Quant au verre plat, deux beaux fragments sortent du lot par la présence de grisailles.


La majeure partie des tessons découverts proviennent d’un lieu religieux (palais épiscopal). Ils permettent d’évaluer le niveau de vie de ses occupants. Les verres à boire, parfois de très belle qualité, sont largement utilisés ainsi que les objets à contenir les liquides. Toutefois, la majorité de ces bouteilles sont de petites tailles et ne devaient pas être utilisées pour le service à table. Ceci est en contradiction avec la multitude de verres à boire. Cette observation, associée à la découverte de pots et fragments de cornue, renforce l’idée de la présence d’un atelier de « chimie ». De plus larges fouilles du secteur pourraient confirmer ou infirmer cette hypothèse.


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