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  • hebrardcatherine

Verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)-1ère partie, objets des XIIe/XIIIe s.

Dernière mise à jour : 4 nov. 2023

Tout au long du XIX s et plus récemment, des dépôts en verre ont été faits à la suite des différentes fouilles menées à Bordeaux.

La Société Archéologique de Bordeaux a largement contribué à la réalisation de cette importante collection.



ampoule avec un col pincé et vrillé à la base

Des objets proviennent des fouilles d’espaces funéraires proches de sites religieux comme Saint-Seurin (découvertes de 1791), Saint-Michel (1855), Sainte-Eulalie (1971), Saint-André (découvertes archéologiques de 1865, 1906 et 1955) et des sites civils comme le Cours Pasteur (1880/1885), le Cours d’Albret (1971/1973), le Cours du Chapeau Rouge (découvertes archéologiques de 1910) et les Allées Tourny (1971). Quelques objets se trouvant au Musée d’Aquitaine proviennent de Dax. Ils ont été recueillis par M. Mensignac en 1879 lors des fouilles du rempart et de sa démolition. Un autre objet provient de Courpiac.

La Société Archéologique de Bordeaux a largement contribué à la réalisation de cette importante collection

Ces objets ont été découverts lors de grands travaux d’urbanisme qui ont commencé dès 1676 avec l’extension du glacis du château Trompette. Ceci a entrainé la destruction de tout un quartier au nord du Cours du Chapeau Rouge.


Plan de Bordeaux avec les lieux de découvertes lors de fouilles archéologiques
Plan de Bordeaux montrant les lieux de découvertes des objets en verre qui se trouvent au Musée d'Aquitaine (Bordeaux)

D’autres aménagements ont eu lieux au XIXe siècle avec le dégagement de la cathédrale Saint-André dans sa partie sud-est et la destruction de son cloître et des maisons qui y étaient adossées dans les années 1865/1867. Il fallait pouvoir relier par un axe large l’ancien palais Rohan devenu palais royal au Pont de pierre.

Il y a aussi de grands travaux d’élargissement des voies comme le cours Alsace-Lorraine, où il faut détruire de nombreuses habitations.


1ère partie : verreries des XIIe/XIIIe siècles



Les verreries des XIIe/XIIIe siècles proviennent de sépultures de sites bordelais et un objet provient de Courpiac. Deux types d’objets sont présents : des fioles côtelées et des ampoules. Ils étaient utilisés comme "orcel", c'est-à-dire des objets contenants un liquide qui devait purifier la sépulture (le terme "orcel" étant un terme local pour désigner ce type d'objets).

Les fioles côtelées et des ampoules étaient utilisées comme "orcel", c'est-à-dire des objets contenants un liquide qui devait purifier la sépulture (le terme "orcel" est un terme local désignant ce type d'objets).


Les fioles côtelées


Fioles côtelées qui sont des verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)
Fioles côtelées : St Michel, St André, Courpiac

Trois fioles côtelées sont présentes au Musée. Les deux bordelaises (Saint-Michel, et Saint-André) sont incomplètes et dégradées contrairement à celle de Courpiac. Les verres sont noirâtres. Une inversion a eu lieu lors des études précédentes, celle de Saint-Michel a été confondue avec celle de Saint-André.








Les ampoules faisant parties des verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)

Plusieurs types d’ampoules ont pu être déterminés suite aux découvertes récentes (XXIe siècle) : type 1 (col droit) et le type 2 (col pincé à sa base).

Chaque type se décline en différents sous-types en fonction du fond (rentrant, ombiliqué) ou des décors (côtes sur le col ou sur le contenant).


Les ampoules de type 1a

Ampoules avec un col droit qui font partie des verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)
Ampoule avec col droit (type 1a)

Lors des fouilles du cimetière Saint-Michel en 1855 et 1856, 15 fioles y ont été découvertes : 7 étaient entières quand elles ont été mises au jour[1].





Ampoules à col pincé qui font partie des verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)
Ampoule avec col pincé à sa base et fond rentrant, type 2a


Les ampoules de type 2a

Le type 2 est présent à Sainte-Eulalie. La base du col forme un double canal puis le col s’élargit. Aucune des deux ampoules trouvées à Sainte-Eulalie n’est complète.

Le type 2a est présent aussi à Saint-Michel.




Ampoules avec col pincé qui font partie des verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)
Ampoules avec col pincé et fond ombiliqué, type 2b

Les ampoules de type 2b

Le type 2b se distingue du type 2a par le fond qui est ombiliqué, le col étant toujours pincé. On peut voir avec ces objets provenant des Allées Tourny la dégradation des objets : ils étaient entiers quand ils ont été mis au jour, mais le verre étant très fragile, il s’est brisé en de nombreux fragments.




Col d'une ampoulé côtelée qui fait partie des verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)
Col d'une ampoule côtelée, pincé à sa base et vrillé, type 2c


Les ampoules de type 2c

Le col est pincé et vrillé. Ce qui le différencie du reste des objets, sont les côtes imprimées sur le col. Le verre est vert pâle. Cet exemplaire détenu par le musée d'Aquitaine est d'origine inconnue. D'autres exemplaires côtelés ont été découverts sur la place Pey Berland en 2009, mais ne sont pas dans les collections du musée d'Aquitaine.



Un exemple de col côtelé découvert à Tours mais qui n'est pas un verre archéologique du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)


Le même type d’objet a été trouvé à Tours, il est aussi de couleur vert pâle est serait daté plutôt du XIVe siècle.







Les ampoules de type 2d

Ampoule fond rentrant et col pincé qui fait partie des verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)
Ampoule fond rentrant et col pincé et vrillé, type 2d

Elles se caractérisent pas un col pincé et vrillé à leur base.




Une provient des Allées Tourny et a été restaurée.






Ampoule avec col pincé et vrillé qui fait partie des verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)
Ampoule type 2d, Saint-Michel



Une autre a été découverte en 1855 et provient de Saint-Michel.






La plus ancienne ampoule qui fait partie des verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)
La plus ancienne ampoule découverte à Bordeaux en 1791 à Saint-Seurin


La plus ancienne ampoule conservée a été découverte en 1791 à Saint-Seurin. Elle aussi, a été restaurée. Elle fait partie des verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)







Les ampoules ont été fabriquées entre le XIIe siècle et le XIIIe siècle. Il doit s'agir de productions locales. Mais pour l'heure, aucun atelier n'a été découvert pouvant le confirmer

Datation de ces verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)?


La datation précise de ces ampoules reste difficile. On estime qu'elles ont été fabriquées entre le XIIe et le XIIIe siècle.

-Une ampoule est datée avec certitude du XIIe siècle. Il s’agit de celle trouvée en 1955 dans la sépulture de l’archevêque de Bordeaux Raymond de Mareuil, mort en 1160. Cette sépulture se trouvait dans une niche d’une absidiole proche du portail de la cathédrale.

-D'autres indices de datations se trouvent dans des sculptures des voussures du portail de la cathédrale à Oloron-Sainte-Marie et de celle d’Aulnay de Saintonge datées du XIIe siècle. Ces éléments montrent des musiciens possédant dans leur main droite ce genre d’ampoule.

-D'autre part, des manuscrits de l’apocalypse représentent aussi des anges versant sur la terre la colère de dieu, leur « coupe » a une forme d’ampoule (BNF 1366 fol° 120, 122v; 2290, fol° 132, n133v, 135).

-Actuellement, grâce à des découvertes récentes en Aquitaine à Bordeaux, Bruges ou Saint-Emilion, des analyses C14 ont pu être réalisées confirmant les datations XIIe/XIIIe s.



Typologie des ampoules présentes au Musée d’Aquitaine (en vert). Les autres sous-types sont présents sur d’autres sites bordelais ou aquitains.

Dans ce post, ont été abordés les verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)-1ère partie, objets des XIIe/XIIIe s. La seconde partie aborde les verres archéologiques des XIVe/XVIIe s.


Typologie des ampoules qui font partie des verres archéologiques du Musée d'Aquitaine (Bordeaux)

Bibliographie


Hébrard 2011

Hébrard-Salivas Catherine, les verreries du musée d'Aquitaine des XIIe/XIIIe siècles au XVIIe siècle, Revue archéologiques de Bordeaux, tome CII, 2011.



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